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À la découverte du riz de Camargue : IGP, européen et durable

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Riz de Camargue tout savoir sur ce produit durable. Mas du Sonnallier Arles

Voyage dans le cadre du projet Sustainable European Rice

Sous le soleil cuisant, la lumière éclatante d’été et du sud, le vert, le vert partout, le vent doux et l’eau…. c’est là, qu’invitée, je suis partie découvrir le riz de Camargue dans le cadre du projet européen Sustainable European Rice don’t think twice, qui vise à soutenir, accompagner, informer autour du riz européen (notamment celui d’Italie du Portugal et de France même si une grande production se fait bien sûr aussi en Espagne), bon, sûr, durable et produit chez nous (thème très d’actualité d’ailleurs)

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Riz de Camargue et le restaurant Le flamant rose à Albaron

J’ai adoré redécouvrir ce produit du quotidien, les coulisses de ce riz si près de chez nous, finalement intimement peu connu. Nous avons d’abord été accueillis au Mas de Sonnalier, le cenre français du riz puis nous avons visité des rizières, parlés avec des experts de recherche, puis visité une entreprise de riz bio et dégusté du délicieux riz de Camargue (au restaurant Le Flamant Rose à Albaron). Je vous emmène avec moi ?

La Camargue, un terroir unique

Le sel, l’eau, le vent et le soleil. Le paysage de la Camargue est fascinant, façonné par la mer et le Rhône, le vent, le riz les pieds dans l’eau et la tête au soleil. Il s’agit du plus grand Delta d’Europe de l’Ouest (et déjà ils sont rares dans le monde). Qu’est-ce qu’un delta ? Une embouchure formée par un cours d’eau ici le Rhône, à l’endroit où il se jette dans la mer. C’est superbe à voir.

Dans ce cas, le Rhône joue un rôle primordial puisqu’il va irriguer les rizières et permettre à l’eau d’avoir un bon équilibre entre la salinité de la mer et l’eau douce. Parfait pour ce riz si particulier.

L’altitude va de 0 à 5 m, une terre plate qui est inondée par l’eau, idéal pour le riz.

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Tout savoir sur le riz de Camargue IGP et durable. Cultivation, rizières, types…

Culture du riz et produit durable

Différentes phases de culture

  1. L’hiver on travaille la terre.
  2. On inonde ensuite d’eau douce (qui va se mélanger avec l’eau de la mer). Les premiers semis se font en avril (parfois plus tard, en juin, si on commence à cultiver le riz en pépinière et puis on procède au piquetage (c’est à dire à la plantation du début de plante). Cette dernière méthode très répandue depuis longtemps (à la main ou à la machine) a deux gros avantages : l’utilisation de très peu de pesticides contre les mauvaises herbes (le cauchemar 😉 et la plus grande force de la plante (donc moins de pertes).
  3. Ensuite au moins d’août, on retire l’eau et on récolte en septembre avec une moissonneuse batteuse. Il y a une seule récolte par an (pour des raisons climatiques).
riz camargue paddy rizieres
Rizières riz Camargue. Riz paddy

Travail et séchage du riz

  • Le riz mis de côté, libéré de résidus (herbe…) puis séché dans des silos quelques heures après la récolte et pendant 5 à 7 heures. Il faut qu’il soit à 14% d’humidité pas plus (très important pour éviter qu’il y ait une germination, sachant que dans les champs le riz est à 25%) et pas supérieur à 50°C.
  • Le riz tout juste récolté est le le riz Paddy, il est encore enveloppé de sa balle protectrice et est non comestible
  • une fois la balle retiré, c’est le riz Cargo c’est à dire un riz complet
  • enfin, le riz blanchi : il est poli (on retire le son) et devient donc blanc riche amidon (et très digeste).
  • ensuite il est mis en paquet (avec de l’azote, meilleure solution ou sous-vide) pour la conservation

Différents types de riz de Camargue

Le riz de Camargue (99% du riz français) est cultivé depuis l’après-guerre (même si le riz a été introduit en France depuis l’époque des croisades). Il est certifié IGP Camargue depuis 2000, est produit par 200 petits producteurs (micro-parcelles indépendantes donc) sur une aire de 12000 hectare (et 70 000 tonnes).

La variété est celle japonica (qui s’adapte mieux à cet environnement et qui la plus cultivée dans le monde) et on parle de riz de Camargue IGP en général (même s’il y a une multitudes de sous-variétés cultivé). Vous pourrez trouver :

  • le riz blanc (rond) qui a été poli, le plus consommé. On peut aussi le trouver en version complète.
  • le riz rouge
  • le riz noir

Ces deux derniers sont forcément complets.

riz camargue vegetation
Riz de Camargue tout savoir sur ce riz durable. Végétation rizières

Pourquoi durable ?

Pour plusieurs raisons :

  • parce que le riz européen et dans ce cas le riz de Camargue, contient très peu de produits phytosanitaires (et Dieu sait comme c’est compliqué). C’est le riz le moins traité au monde !
  • il s’agit d’une zone protégée, avec une bio-diversité (poissons, oiseaux) incroyable, un riche écosystème
  • la rotation des cultures (une pour chaque année sur cinq ans à l’ancienne : un année le riz, puis le blé dur, le colza, le tournesol…)
  • la terre submergée d’eau en hiver favorisent la fertilité des sols (autrement la mer prendrait le dessus et la terre serait trop salée 😉
  • il participe intensément à l’économie locale depuis plus de 70 ans, avec des petits producteurs et toutes les activités autour. Le riz et la Camargue c’est une longue histoire.
  • beaucoup de recherche se fait pour sélectionner des bonnes variétés
  • Un riz local, contrôlé, de qualité et qui n’a pas voyagé des milliers de kilomètres.

Du coup moi-même j’ai plus envie d’une consommer après avoir découvert l’histoire et les paysages sur place.

riz camargue bio durable visite
Riz bio Camargue visite. Sustainable European rice

Le riz bio de Camargue : Biosud

Particularité, contrôles

Le riz de Camargue est protégé par une IGP mais de plus on peut trouver de l’excellent riz bio, entreprise BIOSUD, qui est soumis à encore plus de contrôles (externes et internes, et très réguliers) pour garantir un produit de grande qualité et sûr. Une traçabilité la plus important possible dans toute la vie de l’entreprise.

La culture du riz et puis du riz bio est né d’board chez des éleveurs. Pourquoi me direz-vous ? Car il possédaient assez de terre pour d’une part nourrir l’élevage et d’autre part cultiver le riz, tout en modifiant à chaque fois l’endroit de cultivation pour faire en sorte que la terre reste très fertile (il n’y a pas de surexploitation loin de là). Ensuite des agriculteurs s’y sont mis, surtout quand le bio est devenu rentable. Le bio représente aujourd’hui 22% de la surface cultivée.

Le marché du riz bio de Camargue

La visite et surtout parler avec le responsable de Biosud était absolument passionnant. Une famille d’agriculteurs, qui aime et connaît profondément son produit et son terroir. Et qui depuis toujours pointe à la qualité et la sécurité.

Sur 17 000 tonnes de produit, 11 000 sont non transformées et 7 000 deviennent des produits transformés, pour un chiffre d’affaire de 17 Millions d’euros.

Parmi les produits transformés, dont on ne pense pas forcément du premier abord, ce sont les galettes de riz ! Presque toujours il s’agit de riz bio. Ensuite, une grande partie de la clientèle est celle du baby-food, qui est comme vous pouvez l’imaginer, la plus exigeante. Une partie est exportée en Allemagne, notamment pour la marque HIPP…. qui à son tour exporte beaucoup en Chine où le bio pour le baby food est très demandé par les classes aisées (compte tenu qu’il n’existe pratiquement pas sur place). Ces mouvements circulaires me font sourire et me font plaisir; la qualité et l’exigence européenne est reconnue même très loin.

Ensuite les clients principaux sont à 80% des circuits bio comme Biocoop et le reste de 20% sont les industriel (qui vont transformer le riz) et la grande distribution.

Et voilà pour le riz européen et notamment celui de Camargue.

Et vous comment consommez-vous le riz ? Quelles sont vos recette préférées ?

Riz Camargue Arles rhone
Riz de Camargue. Arles Rhône

28 Commentaires

  • Bonjour Edda
    Merci pour tes recettes qui me font toutes saliver et je me régale à chaque fois. Ce reportage sur le riz est très intéressant.
    Très belle journée.
    Nadia

  • Merci de nous avoir aussi bien éclairés sur ce riz français qui mérite d’être à l’honneur dans nos casseroles … puis dans nos assiettes . Vos photos sont superbes! bonne journée, Edda .

  • Quel plaisir de vous retrouver Edda avec ce si joli reportage ensoleillé. Pas seulement joli. Je l’ai enregistré tout entier. Je vais m’instruire. Merci.

  • Bonjour Edda ,un excellent reportage ,mais j’ai eu une surprise on a pas parlé du riz Espagnol ,savez vous pourquoi .Je suis une grande fidèle de vos excellentes recettes ,merci beaucoup Belle journée

    • Merci beaucoup Nicole !
      Oui en effet le riz produit en Espagne est important (deuxième producteur d’Europe et énorme tradition) mais le programme européen ne l’incluait pas (j’imagine qu’il y a des critères). En tous cas, je l’ai rajouté 😉
      Belle journée !

  • Bonjour Edda, un grand merci pour toutes vos belles recettes et pour cette redécouverte du riz de Camargue, car quand j’étais petite, ma mère achetait régulièrement ce riz puis quand je suis devenue adulte il a disparu des rayons… je ne sais même plus quel goût il a… mais grâce à vous je vais en rechercher activement 👏🙏

  • Pour moi… camarguaise, c’est le meilleur riz , et pour la santé et super en gout. sa texture est agréable , il est un peu plus long à cuire mais facile à cuisiner et génial en salade. Mes clients au restaurant l’adorent, nous cuisinons le riz rouge et le riz noir complet.

  • Bonjour Edda,
    Merci pour ce reportage sur le riz de Camargue.
    Je l’ai découvert il y a des années en traversant la région, mais pas le temps de s’y arrêter. Par chance, je l’ai trouvé en grande surface, riz blanc IGP. Je ne mange plus que ce très bon riz, c’est agréable de savoir qu’il est cultivé pas bien loin et dans de bonnes conditions. Maintenant je vais chercher le riz noir et rouge.
    Très contente aussi de vous retrouver. En attendant j’ai beaucoup visité votre blog et trouver plein de bonnes choses … entre autres le thé glacé et l’eau aromatisée, bien appréciés quand il fait si chaud, et aussi la tarte pistache et fleur d’oranger 🌞
    A bientôt !

    • Un grand merci Thelmie pour le message !!
      Et merci aussi d’avoir navigué dans les milliers de recettes des archives et d’avoir trouvé votre bonheur 😉
      À bientôt !

    • Grazie Jean !
      En fait c’est plus compliqué et subtil (et ça concerne aussi la Camargue même si elle a moins de problèmes d’eau du fait du Rhône), ce n’est pas seulement une question de rentabilité (quoique le riz est plus délicat, demande des soins et devient rentable surtout quand il est bio) mais aussi de travail, d’eau, de températures. Par exemple en Camargue, on cultive de plus en plus le blé dur (ce qui ne se faisait pas avant)… le réchauffement climatique.
      Malheureusement le riz régresse pour beaucoup de raisons, alors qu’il contribue à l’éco-système, fait vivre l’économie locale…

  • Un grand merci pour ce reportage très complet, Edda! Chez nous, entre riz et risotti, entre riz d’accompagnement et plat principal, il a sa place sur notre table quasiment tous les jours. Je vais me rendre à Arles prochainement et je ne manquerai pas de passer au Biocoop pour m’approvisionner de ces bons produits (une entorse à mes habitudes du riz piémontais). Il faut absolument soutenir ces producteurs dynamiques dans leurs efforts pour apporter ce qu’il y a de meilleur dans notre assiette. Grazie e buona gionata.

    • Bonjour Linda,
      Merci pour le message, je sais que c’est les Indochinois qui ont donné leur savoir-faire.
      Mais qu’est-ce que ça change, maintenant par rapport à la culture du riz, l’article et le fait que ce soit durable ?

  • Bonjour Edda,

    ça ne change rien à ce qu’est ce riz aujourd’hui mais sans les Indochinois colonisés et exploités, ce riz n’existerait pas. Ne ne pas le mentionner, surtout dans le petite vidéo qui se veut pédagogique, est un manque historique et surtout mettre encore une fois, la réalité du colonialisme français sous le tapis.

    A défaut d’avoir payer ces Indochinois, de les avoir traités dignement et dont les vies ont été volées par le pays des droits de l’Homme (blanc), souvenons-nous d’eux.

  • bonjour Edda

    J’aurais voulu savoir si le riz de camargue se cuisine comme tous les autres riz.
    J’ai l’impression que les temps de cuisson et son comportement ne sont pas tout à fait les mêmes quand je tente de le cuisiner (je suis surtout sur du riz thai et basmati 1/2 complet)

    Merci pour ton site qui est tjrs une source d’inspi !

    • Bonjour Mlle,
      Oui il se cuisine comme tous les autres riz ronds, il faut une dizaine du minutes (et cela rejoint les autres riz basmati ou thaï) Après les riz complets (dont celui de Camargue aussi) par définition demandent des temps de cuisson beaucoup plus longs du fait des fibres.
      Belle journée et merci pour la fidélité !

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